28 novembre 1960: Décès de l’écrivain africain-américain Richard Wright

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Les Docs Afros rendent aujourd’hui hommage à l’un des écrivains noirs les plus prolifiques et polémiques de tous les temps.

Richard Nathaniel Wright est né à Roxie, dans le Mississippi. Il vécut plusieurs années aux côtés de sa grand-mère maternelle à Jackson dans le Mississippi. Richard Wright excellait au collège – la “Smith Robertson junior high school” – et obtenait régulièrement d’excellentes notes. Il s’inscrivit ensuite à la “Lanier High School” de Jackson mais fut rapidement exclus de l’institution pour cause d’absences répétées.

Son enfance dans le Mississippi le marquera à tout jamais et influencera par la suite ses écrits dans leur approche de la question raciale aux Etats-Unis et des rapports entre Noirs et Blancs. A 16 ans, il écrivit son tout premier récit intitulé “The Voodoo of Hell’s Half-Acre” qu’il publia dans le Southern Register, un journal noir local.

En 1927, Richard Wright fuit le Sud pour Chicago et trouva rapidement un petit emploi en tant que commis des postes. Il étudiait consciencieusement tous les écrivains qu’il pût afin de définir son propre style littéraire.

En 1933, après avoir perdu son emploi auprès des postes, il prit contact avec plusieurs membres du Parti Communiste. C’est ainsi qu’influencé par ses derniers, Richard Wright se mit à rédiger un grand nombre de poèmes révolutionnaires communistes tels “J’ai vu ces mains noires”, “Rouges feuilles de livres rouges” ou “We of the streets” qu’il adressait aux journaux de sensibilité de gauche et aux organes de presse communistes.

C’est en 1935 que Wright termina son premier roman, qui paraîtrait plus tard en 1963 sous le titre de “Lawd Today”. En février de l’année suivante il rejoint le National Negro Congress – une organisation créée par l’université d’Harvard, qui se destinait à promouvoir la libération des Noirs sous toutes ses formes – et deux mois plus tard, préside la chaire littéraire de l’organisation, aux côtés de Margarett Walker.

L’année 1937 marque un tournant dans la carrière de Richard Wright, puisqu’il se décide à gagner New York afin de nouer d’autres contacts professionnels avec de nouvelles figures communistes. Il rédige un recueil d’histoires courtes intitulé “Uncle Tom’s Children” (Les enfants de l’Oncle Tom), qui connaît un succès immédiat. Certaines de ces histoires tirent leur source de l’expérience personnelle de Wright et de son rapport avec le Sud des Etats-Unis. C’est toutefois son roman suivant, “Un enfant du pays”, qui suscitera le plus de polémique en raison de son sujet (un jeune Noir tue accidentellement une jeune femme blanche communiste issue de la petite bourgeoisie).

Outre la violence omniprésente dans l’ouvrage, c’est la remise en question de thématiques marquées par les relations tendues entre Noirs et Blancs aux Etats-Unis qui firent de ce livre un ouvrage polémique. Son troisième roman intitulé Black Boy rencontre quant à lui un succès d’estime parmi ses pairs écrivains, qui le considèrent comme l’une des plumes marquantes du siècle.

Richard Wright s’expatrie ensuite en France, devenant de fait un exilé américain. A cette occasion il se lie d’amitié avec Jean-Paul Sartre et Albert Camus dont il approuve les thèses existentialistes ainsi qu’avec ses camarades afro-américains expatriés, Chester Himes et James Baldwin, vivant également à Paris.

En 1947, Richard Wright devient citoyen français et voyage ensuite à travers le monde en Asie, Europe et en Afrique. En 1953, il rencontre Kwame Nkrumah alors que ce dernier est en pleine lutte afin de faire cesser la main-mise de l’Angleterre sur le Ghana. Deux ans plus tard, en 1955, il rejoint l’Indonésie afin d’assister à la Conférence de Bandung. Richard Wright regroupe ses principales notes sur cette conférence au sein d’un ouvrage intitulé “The Color Curtain: A Report on the Bandung Conference”.

Richard Wright décède le 28 novembre 1960 d’une crise cardiaque – sa fille Julia affirmait toutefois que son père fut victime d’une assassinat. Il est enterré au cimetière parisien du Père-Lachaise.

Pour aller plus loin:

  • Debbie Levy, Richard Wright: A Biography, Twenty-First Century Books, 2008

Narcy

Historienne de formation et passionnée d'histoire africaine et africaine-américaine, Narcy a travaillé sur le nationalisme noir aux États-Unis. Elle enseigne actuellement l'histoire-géographie dans le secondaire.

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