25 novembre 1975 : Indépendance du Suriname

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Les Docs Afros reviennent aujourd’hui sur les conditions de la proclamation de l’indépendance de l’ex Guyane hollandaise, aujourd’hui Suriname.

Le territoire de l’actuel Suriname – originellement peuplé d’Arawaks et de Caraïbes – fut colonisé par les Pays-Bas dès la fin du XVIe siècle par l’implantation de la colonie d’Essequibo. Les premiers partis politiques surinamais apparurent après la Seconde Guerre mondiale et des élections générales furent organisées en 1949.

Le gouvernement créé suite aux élections était alors uniquement composés des descendants d’ esclaves africains, déportés dès le XVIIIe siècle pour y être exploités dans les plantations de tabac et de sucre. La communauté indienne, descendant des migrants indiens venus au Surinam suite à l’abolition de l’esclavage, prit part au gouvernement à la fin des années 1950.

Elu premier ministre, Johan Adolf Pengel mena les négociations en vue de l’indépendance du pays. Cependant, l’indépendance ne fut acquise qu’en 1975, en raison de l’hostilité d’une partie de la communauté indienne qui freina les négociations.

Suite à l’indépendance du pays, près de 100 000 habitants du Suriname choisirent de conserver leur nationalité néerlandaise et partirent s’installer aux Pays-Bas. Johan Ferrier devint le premier président du pays nouvellement indépendant et Henk Aaron, qui avait pris une part active dans les négociations de l’indépendance, devint premier ministre.

En 1980, le gouvernement d’Henk Aaron fut renversé par l’armée. Un second coup d’Etat eu lieu à peine 5 mois plus tard et vit le renversement du président John Ferrier au profit d’Henk Chin A Sen. Ce dernier mit en place un régime dictatorial – reconnu par les Pays-Bas – qui interdit notamment les partis politiques jusqu’en 1985. Plusieurs opposants au régime furent exécutés en 1982 et un mouvement de rébellion, le commando de la jungle, se développa.

Le Suriname bascula ainsi dans la guerre civile. Le conflit toucha particulièrement les populations marrons – descendantes des esclaves marrons – qui fuirent notamment en direction de la Guyane, et se prolongea jusqu’en 1992.

Pour aller plus loin:

  • Jacques Adélaïde-Merlande, Histoire contemporaine de la Caraïbe et des Guyanes: de 1945 à nos jours, éd. Karthala, 2002

 

Narcy

Historienne de formation et passionnée d'histoire africaine et africaine-américaine, Narcy a travaillé sur le nationalisme noir aux États-Unis. Elle enseigne actuellement l'histoire-géographie dans le secondaire.

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