25 janvier 1980: Lancement officiel de la chaîne B.E.T (Etats-Unis)

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Aujourd’hui encore, la chaîne câblée Black Entertainment Television (B.E.T) est à la fois considérée comme une avancée pour l’entrepreneuriat noir en termes économique et médiatique, mais fait également l’objet de certaines critiques récurrentes. Retour sur l’Histoire d’une chaîne controversée malgré son statut de pionnière indiscutable.

A la fin des années 1970, Robert L. Johnson quitte son emploi de lobbyiste de télévision dans le but de fonder sa propre chaîne câblée. Il emprunte 15 000 dollars et obtient une avance sur investissement de 500 000 dollars de la part du millionnaire et magnat de l’industrie télévisuelle John Malone.

Black Entertainement Television émet pour la première fois le 25 janvier 1980 et doit se contenter – eu égard à son modeste budget de lancement – d’une grille des programmes de deux heures hebdomadaires diffusés sur la chaîne Nickelodeon. C’est en 1983 que B.E.T obtient finalement les droits nécessaires à la diffusion continue de ses programmes essentiellement composés de rediffusions de sitcoms africains-américains à succès et de clips vidéos à la mode.

Cinq ans plus tard, B.E.T créait ses propres programmes dont le célèbre journal d’informations “B.E.T News” présenté par le journaliste et animateur vedette Ed Gordon (voire photo) et en 1991, la chaîne devenait la toute première entreprise noire à être cotée en bourse.

Les années 1990 seront extrêmement favorables à Black Entertainement Television puisque la chaîne élabore de nombreuses émissions à succès comme le Comic View dédié aux performances comiques de stand up ou encore le talk show Teen Sumit. 

C’est toutefois en 2001 que la chaîne perd son statut d’entreprise 100% africaine-américaine puisqu’elle est rachetée par le groupe / conglomérat économico-médiatique Viacom pour la somme de 3 milliards de dollars. C’est également la même année que sont lancés les célèbres B.E.T Awards récompensant les accomplissements des minorités dans les domaines de la musique mais aussi du sport, du cinéma et dans d’autres sphères du divertissement grand public.

“Black Evil Television” d’après le créateur de The Boondocks.

Aux Etats-Unis, la chaîne essuie régulièrement les critiques véhémentes d’une partie de la population africaine-américaine qui estime que B.E.T contribue à pérenniser des stéréotypes anciens et réducteurs au travers de ses émissions. Parmi ses plus célèbres opposants nous pouvons citer le réalisateur Spike Lee, le professeur d’économie Boyce Watkins, le rappeur du groupe Public Enemy Chuck D ou encore le scénariste et dessinateur de The Boondocks, Aaron McGruder. Ce dernier dédie d’ailleurs deux épisodes de la série Boondocks à B.E.T afin de critiquer – non sans un certain humour – les choix éditoriaux de la chaîne qu’il estime “conçue pour détruire les Noirs” et surnomme “Black Evil Television” (extrait ci-dessus).

Interviewée à ce sujet en 2010 par le Daily Beast, la co-fondatrice de B.E.T Sheila Johnson déclarait avoir “honte” de ce que la chaîne était devenue en regard des ambitions qu’elle nourrissait lors de sa création. Elle regrettait également la prépondérance de clips au détriment d’un contenu plus varié enrichissant.

Pour aller plus loin:

  • Beretta E. Smith-Shomade, Pimpin’ Ain’t Easy: Selling Black Entertainment Television, Routledge, 2008

Pierre Désiré

Historien et réalisateur, Pierre est spécialiste d'Histoire africaine-américaine et de l'image animée. Il est également Docteur de l'Université Paris III et enseigne le cinéma postcolonial.

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