25 février 1791: Exécution de Vincent Ogé, précurseur de la Révolution haïtienne

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Si l’on a coutume de se référer aux personnalités de Toussaint Louverture, Georges Biassou ou encore Jean-Jacques Dessalines lorsque l’on aborde la Révolution haïtienne, il est plus rare que la contribution de Vincent Ogé soit mentionnée. Fervent partisan de l’égalité, Vincent Ogé milita politiquement et militairement pour le respect des droits de l’Homme et l’application des principes de justice proclamés par l’Assemblée Nationale.

Peu connu de l’Histoire hexagonale, Vincent Ogé fut un membre influent de la “Société des Amis des Noirs” – organisation anti-esclavagiste et abolitionniste fondée en 1788 – et est considéré aujourd’hui par les historiens comme l’un des inspirateurs de la Révolution haïtienne (1791-1804).

Né aux alentours de 1755 – sa véritable date de naissance est inconnue – à Saint-Domingue, Vincent Ogé fait partie de la catégorie des “libres de couleur”. Issu d’une famille aisée, il poursuit ses études à Bordeaux avant de revenir sur l’île et d’y exercer des activités commerciales auprès de son oncle – Vincent Ogé “l’ancien” – concernant notamment l’exportation de café vers la métropole.

Vincent Ogé est présent en 1789 à Paris, lors des événements de la Révolution française. C’est à cette occasion qu’il se rapproche des mouvement abolitionnistes et anti-esclavagistes, et propose de rédiger une loi autorisant le droit de vote aux mulâtres de Saint-Domingue.

Lorsque les planteurs – dits “grands blancs” – de l’île rejettent cette proposition, Vincent Ogé, Julien Raimond (un autre libre de couleur aisé de Saint-Domingue) et un avocat blanc du nom d’Etienne Dejoly se rassemblent et organisent des réunions politiques afin de fédérer des partisans autour de leur combat.

C’est ainsi que le groupe en question fait pression sur l’Assemblée Nationale afin d’obtenir une représentation politique. De retour à Saint-Domingue, Vincent Ogé tente de soutenir son projet de loi devant les autorités coloniales de l’île qui refusent l’ensemble des propositions.

En octobre 1790, Vincent Ogé parvient à regrouper un contingent armé de 300 hommes libres de couleur. Malgré quelques succès notables, l’armée d’Ogé est défaite et ce dernier est capturé. Vincent Ogé est torturé et subit le supplice de la roue pour être finalement exécuté en public.

Pour aller plus loin:

  • J. Saint-Amand, Histoire des révolutions d’Haïti, éd. E.Dentu, 1860

Pierre Désiré

Historien et réalisateur, Pierre est spécialiste d'Histoire africaine-américaine et de l'image animée. Il est également Docteur de l'Université Paris III et enseigne le cinéma postcolonial.

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