21 février 1916: Début de la Bataille de Verdun

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Il y a 101 ans débutait l’une des batailles les plus longues et les plus meurtrières de la Première Guerre mondiale (1914-1918). Du 21 février au 18 décembre, plusieurs centaines de milliers de soldats s’affrontèrent et 700 000 perdirent la vie. Parmi ces combattants se trouvaient des soldats originaires des colonies françaises d’Afrique auxquels les Docs Afros tiennent à rendre hommage aujourd’hui.

Alors que la France a renforcé son entreprise coloniale, suite à sa défaite face à l’Allemagne en 1870 et la perte de l’Alsace-Lorraine, des officiers de l’armée appellent à l’utilisation d’hommes originaires des colonies africaines dans le cadre d’une éventuelle guerre contre l’Allemagne. Le plus connu d’entre eux est le colonel Charles Mangin qui rédige La Force noire en 1910.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, des recrutement de soldats noirs s’opèrent et deviennent de plus en plus importants au fil du conflit. Certains recrutements se basèrent sur le volontariat, on promettait alors aux jeunes engagés des avantages comme l’obtention de la nationalité française. Dans d’autres cas les recrutements furent forcés et prirent l’aspect de véritable razzias militaires qui causèrent des milliers de morts et des incendies de villages. De plus, le recrutement d’hommes en âge de travailler – éloignés durant des années de chez eux – constitua une véritable saignée dans l’économie de régions entières. Cette dernière ne fut pas sans conséquences et amena de nombreuses révoltes dont la plus connue fut celle de Bouna dans l’actuelle Centrafrique et qui dura 9 mois en 1915.

Passage en revue d'un régiment de Tirailleurs par le président Raymond Poincaré et le colonel Mangin (1917)
Passage en revue d’un régiment de Tirailleurs par le président Raymond Poincaré et le colonel Mangin (1917)

A Verdun, les Tirailleurs africains se sont particulièrement illustrés lors de la reprise du Douamont, un fort militaire situé près de la ville de Verdun. Ainsi les 36e et 43e bataillons de tirailleurs sénégalais auxquelles s’ajoutait un bataillon de soldats originaires de Djibouti prirent part à l’une des phases les plus importantes de la bataille. 400 hommes de ces bataillons furent tués, les survivants ayant été décoré pour leur fait d’armes.

Parmi les 700 000 soldats originaires des colonies françaises (Indochine, Afrique du Nord, Océanie…) on estime à 250 000 le nombre de soldats originaires d’Afrique subsaharienne ayant combattu durant la Première Guerre mondiale. 27 000 furent tués et des dizaines de milliers d’autres furent blessés. Malgré la mobilisation du député Blaise Diagne, la nationalité française ne fut jamais octroyée aux anciens combattants de la Première Guerre Mondiale.

Renvoyés dans leur région d’origine, ils perçurent de faibles pension de guerre et furent oubliés. Il faut attendre les récentes commémorations de la Première Guerre mondiale pour que leur nom, leur histoire et leur actions, mais aussi le traitement qui leur fut réservé sur le front et à la suite de la guerre soit de nouveau évoqué.

Pour aller plus loin :

  • Bakari Kamian, Des tranchées de Verdun à l’église Saint-Bernard : 800 000 combattants maliens au secours de la France, 1914-1918 et 1939-1945, Editions Karthala, 2001
  • Gilles Manceron, « Les soldats coloniaux de 14-18, éternels oubliés ? », in: Médiapart, 11 novembre 2014.
  •  Samuel Mbajum, Les combattants africains dits “Tirailleurs Sénégalais” au secours de la France (1857-1945), Riveneuve, 2013.
  • Marc Michel, Les Africains et la Grande Guerre, L’Appel à l’Afrique (1914-1918), Editions Karthala.

Narcy

Historienne de formation et passionnée d'histoire africaine et africaine-américaine, Narcy a travaillé sur le nationalisme noir aux États-Unis. Elle enseigne actuellement l'histoire-géographie dans le secondaire.

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