20 décembre 1848 : Abolition de l’esclavage sur l’île de la Réunion

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Les Docs Afros reviennent aujourd’hui sur les conditions de l’abolition de l’esclavage sur l’île de la Réunion (anciennement nommée île Bourbon) à l’occasion de la date de sa commémoration.

C’est sous le nom de Fêtes des Cafres (“Fêt Kaf” en créole réunionnais) – un terme qui serait dérivé de l’Arabe et qui désignait à l’origine les individus à peau noire à la Réunion et sur la côte est de l’Afrique – que l’île de la Réunion célèbre les 167 ans de l’abolition de l’esclavage.

L’importation d’esclaves en provenance de la côte orientale de l’Afrique, mais aussi de Madagascar, débuta peu de temps après l’installation des Français au XVIIe siècle. Les esclaves furent utilisés pour la culture du café et de la canne à sucre qui se développèrent sur l’île.

L’Histoire de l’esclavage à la Réunion fut marquée par des soulèvements dont les plus connus furent ceux de Sainte-Rose, en 1799, et de Saint-Lieu en 1811. Cette dernière fut violemment réprimée par les Britanniques, alors maîtres de l’île. A ces soulèvements d’esclaves s’ajoutait le marronnage.

Nombre d’esclaves – parmi lesquels les célèbres Cimandef et Anchaing – fuyaient les plantations pour se réfugier dans les hauteurs de l’île, difficilement accessibles. L’abolition de l’esclavage fut prononcée le 20 décembre 1848 par Joseph Sarda Garriga, alors administrateur colonial nommé par Victor Schoelcher.

Si à partir de cette date l’esclavage n’eut plus cours à la Réunion, les anciens esclaves – environ 60 000 sur l’île – ne devinrent pas pour autant des citoyens à part entière. En effet, dans les années qui suivirent l’abolition, ceux-ci furent contraints d’obéir à un système les obligeant à avoir un contrat de travail, bien souvent auprès de leur ancien maître. Il s’agissait alors de contrôler les affranchis et ceux qui n’étaient pas en mesure de justifier d’un contrat de travail étaient considérés comme des vagabonds, encourant ainsi une lourde amende ou une peine d’emprisonnement.

La situation fut néanmoins tout autre pour les anciens maîtres, puisqu’ils furent intégralement indemnisés par l’État français suite à l’abolition.

Pour aller plus loin:

  • Jean Valentin Payet, Histoire de l’esclavage à l’île Bourbon, L’Harmattan, 1988

Narcy

Historienne de formation et passionnée d'histoire africaine et africaine-américaine, Narcy a travaillé sur le nationalisme noir aux États-Unis. Elle enseigne actuellement l'histoire-géographie dans le secondaire.

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