2 février 2016: Fête de Yemoja, déesse yoruba de la mer

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Depuis quelques années, les afro-descendant(e)s réparti(e)s tout autour du monde redécouvrent et revalorisent une forme de spiritualité ancienne intimement associée à des cultes et une culture africaine. Dans le but de contribuer à ce renouveau culturel, les Docs Afros célèbrent aujourd’hui la fête de Yemoja; divinité issue de la mythologie yoruba (Nigeria, Togo, Bénin, Ghana, Côte d’Ivoire…). 

Yemoja est l’une des divinités les plus importantes du panthéon yoruba. Elle est notamment la divinité protectrice des femmes, la sainte patronne des marins et des pêcheurs, et est considérée comme la mère nourricière ayant enfanté les autres dieux yoruba ou “Orishas”. Les orthographes de son nom sont multiples et varient selon les pays et les aires culturelles / linguistiques. En effet, elle est appelée “Yemoja” en Yoruba, “Yemanjá” en Portugais, “Yemayá” en Espagnol, et “Iemanja” en Français.

Le nom de “Yemoja” serait – d’après les sources – une contraction des termes yoruba “Yeye Omo Eja” qui signifierait “La mère des enfants des océans”. Ce nom symbolise toute la puissance de la déité dont l’influence s’étend depuis les fleuves jusqu’aux océans en passant par toute forme de vie aquatique en général. L’aspect maternel et protecteur de la déesse est par ailleurs souvent mis en image par des tableaux et sculptures qui lui confèrent l’apparence d’une femme enceinte.

Le culte de Yemoja existe au Brésil mais également dans le reste de l’Amérique latine – Cuba, Uruguay – où il y fut introduit par les africains déportés puis réduits en esclavage sur tout le territoire. Yemoja est ainsi présente dans les cultes du Candomblé et de l’Umbanda où elle est intimement associée aux célébrations rendues à l’océan, et est représentée la plupart du temps sous les traits d’une sirène à la peau parfois claire, parfois foncée.

Il est par ailleurs à noter qu’il existe des traces de la présence d’ Yemoja dans le culte vodun (ou vaudou), matérialisées sous la forme de la figure de “Mami Wata”.  On retrouve cette dernière en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale ou encore dans le Sud des Etats-Unis (notamment en Louisiane).

Depuis les années 1920, la déesse Yemoja fait l’objet d’une fête qui lui est spécifiquement dédiée dans la ville de Salvador de Bahia qui est historiquement connue pour l’importance de son héritage africain. Les festivités en l’honneur de Yemoja prennent la forme de concerts, de démonstrations de capoeira ou encore de défilés qui réunissent toutes les composantes culturelles de la société brésilienne.

Pour aller plus loin:

  • Solimar Otero, Toyin Falola, Yemoja: Gender, Sexuality and Creativity in the Latina/o and Afro-Atlantic Diasporas, ed. Suny Press, 2013

Pierre Désiré

Historien et réalisateur, Pierre est spécialiste d'Histoire africaine-américaine et de l'image animée. Il est également Docteur de l'Université Paris III et enseigne le cinéma postcolonial.

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