19 février 1919: Ouverture du premier Congrès Panafricain à Paris

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Le premier Congrès panafricain qui se tint à Paris du 19 au 21 février 1919, marqua une avancée significative dans l’internationalisation des liens de solidarité entre membres de la diaspora africaine. L’événement répondait en effet à une volonté commune – exprimée dès la fin du XIXème siècle – d’une unité forgée à travers la lutte contre le racisme et la colonisation.

En 1897, Henry Sylvester-Williams – un avocat et militant originaire de Trinité-et-Tobago – créé l’ “African Association” à Londres, dont le but consiste à encourager l’unité des populations afro-descendantes et le dialogue international. Trois ans plus tard, Henry Sylvester-Williams organise la première “Conférence panafricaine” à Londres. L’événement réunit des représentants de la diaspora africaine qui expriment leur opposition au racisme et au colonialisme alors prégnants et proposent une approche théorique de la question noire internationale.

Les grands axes de réflexion abordés durant cette conférence furent: l’ importance symbolique et politique de l’existence de nations noires indépendantes telles qu’Haïti et l’Éthiopie, l’héritage / l’influence de l’esclavage et de l’impérialisme européen, le rôle de l’Afrique dans l’Histoire mondiale ou encore l’impact du christianisme sur le continent africain.

En guise de conclusion, un comité présidé par le militant et intellectuel africain-américain W. E. B. Du Bois rédige une résolution intitulée “Adresse aux Nations du Monde” réclamant “le respect des droits de toutes les populations afro-descendantes ainsi que le droit à l’intégrité inaliénable des nations noires indépendantes”.

C’est à l’issue de la Première Guerre mondiale qu’un “Congrès panafricain” est organisé. Celui-ci se tient à Paris et est mis en place par W. E. B. Du Bois en collaboration avec Blaise Diagne, alors représentant du Sénégal à l’Assemblée nationale. La tenue du Congrès fut autorisée par Georges Clemenceau, alors Président du Conseil, et ce malgré les pressions des autorités américaines.

Près d’une soixantaine de délégués représentant quinze pays assistent au Congrès. Parmi eux / elles, on note la présence de Gratien Candace, Blaise Diagne, Richard Wright ou encore la militante féministe Idda Gibbs Hunt.

Ces derniers adoptent finalement une résolution demandant que les colonies européennes soient placées sous la protection d’une organisation internationale afin de lutter contre toute forme d’exploitation économique et d’asservissement des populations colonisées.

Pour aller plus loin:

  • Amzat Boukari-Yabara, Africa Unite ! Une Histoire du Panafricanisme, éd. La Découverte, 2014
  • Hakim Adi, Pan-Africanism and Communism: The Communist International, Africa and the Diaspora, 1919-1939, ed. Africa World Press, 2013

Narcy

Historienne de formation et passionnée d'histoire africaine et africaine-américaine, Narcy a travaillé sur le nationalisme noir aux États-Unis. Elle enseigne actuellement l'histoire-géographie dans le secondaire.

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