8 février 1968: Massacre d’Orangeburg (Caroline du Sud)

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La décennie 1960 est aujourd’hui considérée par les historiens comme l’une des périodes de changement sociaux parmi les plus significatives de toute l’Histoire des Etats-Unis. Parmi les luttes les plus acharnées menées par les associations progressistes, celle pour la déségrégation des lieux publics figure en première place.

Bien que la population noire représente 60% de ses habitants, la ville d’Orangeburg en Caroline du Sud est, en 1968, toujours ségréguée. En dépit du “Civil Rights Act” de 1964 qui rend la ségrégation inconstitutionnelle (donc illégale), le seul bowling de la ville est encore soumis à une stricte séparation entre citoyens noirs et blancs.

Le 6 février 1968, environ 200 étudiants se réunissent devant l’établissement afin de protester contre cette situation. La manifestation se déroule dans le calme et le jour suivant, les étudiants organisent une seconde manifestation durant laquelle une quinzaine d’entre eux furent arrêtés pour atteinte à l’ordre public.

Alors que les tensions augmentent graduellement, une troisième manifestation est organisée le 8 février 1968, cette fois directement sur le campus de l’Université de Caroline du Sud (l’une des deux Universités noires de la ville). Les étudiants allument un feu de camp qu’un officier tente de faire éteindre mais ce dernier reçoit un projectile et un de ses collègues finit par tirer des coups de feu en l’air pour calmer la foule.

Les autres policiers présents ouvrent le feu à leur tour… sur la foule. Trois étudiants – Samuel Hammond, Henry Smith et Delano Middleton – sont tués pendant la fusillade et 27 autres étudiants sont blessés.

Les rapports d’enquête et des médecins légistes stipulent que nombre d’étudiants – dont il fut finalement établi qu’aucun n’était en possession d’une arme – reçurent des balles dans le dos alors qu’ils tentaient de fuir les lieux.

A l’issue de cette affaire, neuf policiers sont arrêtés et traduits en justice au motif d’un “usage excessif de la force” mais sont tous finalement acquittés.

Un seul individu est condamné et envoyé en prison. Il s’agit de Cleveland Sellers – un militant du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) – accusé d’avoir “favorisé l’émeute ayant conduit à la fusillade”.

Pour aller plus loin:

  • Jack Bass, Jack Nelson, The Orangeburg Massacre, Mercer University Press, 2002

 

Pierre Désiré

Historien et réalisateur, Pierre est spécialiste d'Histoire africaine-américaine et de l'image animée. Il est également Docteur de l'Université Paris III et enseigne le cinéma postcolonial.

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