8 février 1944: Clôture de la conférence de Brazzaville

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Les Docs Afros reviennent aujourd’hui sur la Conférence de Brazzaville, souvent présentée par les spécialistes d’Histoire politique comme la première étape de l’émancipation des colonies françaises. Bien qu’elle aspirait à une révision de plusieurs points cruciaux, elle ne fut pas pour autant synonyme d’une révolution structurelle en profondeur du système colonial.

La Conférence de Brazzaville fut marquée par le contexte de la Seconde Guerre mondiale durant laquelle les colonies françaises, notamment africaines, furent particulièrement mobilisées. Les colonies fournirent des hommes pour les combats, ainsi 150 000 “Tirailleurs sénégalais” participèrent aux combats, et à l’image de Felix Eboué – alors gouverneur de l’Afrique Équatoriale Française (AEF) – furent les premières à se rallier au Général de Gaulle et à la France libre.

La conférence avait pour objectif de déterminer les relations entre la France et ses colonies à la suite d’un conflit au cours duquel l’autorité et le prestige de la France avaient été sérieusement ébranlées. La conférence s’ouvrit le 30 janvier 1944 à Brazzaville, qui était alors la capitale de l’AEF.

Charles de Gaulle y prononça le discours d’ouverture durant lequel il évoqua la nécessité de réformer la gestion des colonies. Cette volonté de réforme se retrouva dans les propositions faites par les représentants des colonies présents.

En effet, nous pouvons citer parmi celles-ci: un meilleur accès aux emplois pour les Indigènes (qui devaient toutefois travailler sous le strict contrôle de cadres issus de la métropole), la possibilité d’une égalité de rémunération censée équilibrer les salaires en fonction des compétences et non du statut colonial, ainsi qu’une révision des textes relatifs aux unions civiles (mariages).

Néanmoins, la possibilité d’une quelconque autonomie gouvernementale fut dans un premier temps éludée puis finalement rejetée.

En résumé, si à l’issue de la conférence de Brazzaville des réformes comme l’abolition du code de l’indigénat – un corpus juridique qui régissait la vie des colonisés et les maintenait dans une position d’infériorité face aux dirigeants coloniaux – furent décidées, la situation politique des colonisés n’évolua que très partiellement pendant les années suivantes.

Pour aller plus loin:

  • Xavier Yacono, Les étapes de la décolonisation française, Presses universitaires de France, 1991
  • Marc Ferro, Histoire des colonisations, Seuil, 1996

Narcy

Historienne de formation et passionnée d'histoire africaine et africaine-américaine, Narcy a travaillé sur le nationalisme noir aux États-Unis. Elle enseigne actuellement l'histoire-géographie dans le secondaire.

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